mercredi 27 décembre 2017

Jean-Baptiste FERRON est-il mon cousin ?

En cherchant mes ancêtres FERRON dans les listes électorales de Nantes de 1898 et 1902, j’ai recensé en plus d’Etienne FERRON, mon ancêtre parfumeur, son fils, aussi prénommé Etienne, et un certain Jean Baptiste FERRON, cordonnier, domicilié au 10 de la rue du Port Maillard à Nantes, né le 10 mars  1876 à Châteaubriant (44-Loire Atlantique) et décédé le 22 août 1940.


Comme la commune de naissance de ce Jean Baptiste FERRON est Châteaubriant qui est situé à 30 km de Congrier (53 – Mayenne) où mon ancêtre René FERRON (sosa 64 – génération 7) est né en 1786 soit près de 100 ans plus tôt, je me suis demandé si je pouvais les relier par un couple d’ancêtres commun.



Source : Google Maps


Je suis donc partie à la recherche de la famille de Jean Baptiste FERRON !

J’ai commencé par chercher son acte de décès. En regardant les tables décennales de décès de Nantes, j’ai trouvé Jean Baptiste qui est décédé dans le 3e canton le 20 avril 1900. L’acte de décès m’apprend en plus des listes électorales qu’il est célibataire à son décès et que ses parents se nomment Jean Baptiste FERRON, journalier décédé et Jeanne Marie LEROUX, marchande de mercerie.



Acte de Décès de Jean Baptiste FERRON le 20 avril 1900 à Nantes (3e canton)
Source : Archives municipales de Nantes - 1E 1997 - Page 20/45 n°110


Grâce à mon abonnement Premium, je fais une recherche par couple dans Généanet pour voir s’il y a des informations sur le couple Jean Baptiste FERRON et Jeanne Marie LEROUX (en n’oubliant pas de cocher variante du nom). On trouve une seule référence : celle d’Eugène Marie FERRON, fils du couple, né le 1/09/1866 à Nantes (44) et décédé le 12/03/1892 à l’âge de 26 ans  à Thio en Nouvelle Calédonie où il a été condamné au bagne en 1891 !





Afin de trouver dans quel canton de Nantes est né Eugène, je cherche dans les tables décennales de naissance de 1863 à 1872.


Oui mais voilà… pas de naissance d’Eugène FERRON en 1866 à Nantes !




La recherche est décevante mais tant pis ! Je laisse donc de côté Eugène pour l’instant.
  
Je pars ensuite à la recherche de l’acte de naissance de Jean Baptiste en 1876 à Châteaubriant comme l’indiquent les listes électorales dans les archives de la Loire Atlantique.

Comme je souhaite reconstituer la famille, je vais voir les tables décennales de 1873 à 1882.




J’y trouve bien Jean Baptiste, né le 10 mars 1876 et après avoir lu les différents actes de naissance, je lui ai trouvé un frère : Louis Jean Marie né le 8 septembre 1873, et une sœur : Jeanne Marie Amélie née le 24 février 1880.


Pour avoir des informations sur la lignée FERRON, je cherche maintenant l’acte de mariage des parents de Jean Baptiste. Comme les enfants sont nés à Châteaubriant, j’essaye les tables décennales de mariage où je vois que le couple s’est marié le 17 juillet 1869.

 Acte de mariage de Jean Baptiste FERRON et Jeanne LEROUX le 17 juillet 1869 à Châteaubriant

On apprend ainsi que Jean Baptiste FERRON, tailleur d’habits, 26 ans, est né à Rougé (44 – à 10 km au nord de Châteaubriant) de Louis FERRON, journalier et de Perrine ALIZON, demeurant aussi à Châteaubriant.

Après les formules d’usage, il est dit : « Et aussitôt les dits époux nous ont déclaré qu’il est né d’eux un enfant du sexe masculin inscrit sur les registres de l’état civil de cette commune* sous les noms et prénoms de LEROUX Henri Marie lequel ils reconnaissent pour leur fils. »
L’astérisque nous précise : « en date du dix sept juin mil huit cent soixante sept »

Chose assez commune, le couple reconnaît un enfant né avant le mariage. Mais le rebondissement vient des notes dans la marge !



Par jugement du tribunal civil de Châteaubriant du 19 juillet 1883, l’acte de mariage ci-contre a été rectifié en ce sens que le Tribunal a déclaré que la mention de reconnaissance d’enfant naturel faite par les époux est erronée en désignant l’enfant reconnu comme étant LEROUX Henri Marie, inscrit sur les registres de l’état civil de Châteaubriant à la date du 20 juin 1867, fils de Marie LEROUX, tandis qu’il doit être désigné sous les nom et prénoms de LEROUX, Eugène Marie, fils de Jeanne Marie LEROUX, né à Nantes le 3 septembre 1866.
Châteaubriant le 19 juillet 1883. Pour mention. Le greffier du tribunal

Passé la surprise qu’un « père » fasse rectifier l’acte de naissance près de 15 ans après avoir reconnu l’enfant ( !), j’ai envie de dire : Tiens, voilà le fameux Eugène ! Il est donc sûrement né à Nantes, pas sous le nom de FERRON mais celui de LEROUX !

Ce n’est donc pas 1 mais 2 frères que l’on peut ajouter à notre Jean Baptiste !

On trouve facilement l’acte de naissance d’Henri Marie LEROUX en date du 18 juin 1867 à Châteaubriant ;

Pour Eugène Marie LEROUX né le 3 septembre 1866 à Nantes, un nouveau coup d’œil dans les tables décennales nous apprend au bout de 3 pages de LEROUX (!) qu’Eugène est né dans le 4e canton.





En lisant l’acte de naissance, on comprend que Jeanne LEROUX a accouché à Nantes car elle était domestique et avait donc dû trouver un emploi dans cette ville.

Acte de naissance d’Eugène FERRON le 3 septembre 1866 à Nantes 4e canton

On peut donc reconstituer la famille proche de notre Jean Baptiste trouvé dans les listes électorales de Nantes (4a).



 Source : Heridis


Mais revenons au père de famille, Jean Baptiste FERRON, qui déclare avoir 26 ans en 1869,  et être né à Rougé (44) de Louis FERRON, journalier et de Perrine ALIZON.

On retrouve bien son acte de naissance dans les tables décennales de Rougé en date du 7 mars 1841.
Son père, Louis, est laboureur, âgé de 30 ans et il demeure à Rougé avec son épouse Perrine ALIZON. La déclaration de naissance se fait en présence de Jean Marie FERRON, laboureur, oncle paternel de l’enfant.


Acte de naissance de Jean Baptiste FERRON le 7 mars 1841 à Rougé


Une nouvelle recherche dans Geneanet du couple Louis FERRON et Perrine ALIZON me permet d’avoir 4 résultats.



Tous sont des relevés d’actes :
  • l’acte de décès de Marie FERRON, 4 ans, fille du couple, à Rougé le 26/08/1848.
  • l’acte de naissance de Jeanne Marie FERRON, fille du couple, à Rougé le 18/02/1846.
  • l’acte de naissance de Marie Françoise FERRON, fille du couple, à Rougé le 9/12/1842.
  • l’acte de décès de Jeanne Marie FERRON, 4 ans, fille du couple, à Rougé le 6/12/1850.
Mais aucune information sur l’ascendance de Louis FERRON !


Je n’oublie pas que je connais son frère, Jean Marie, mais n’ayant ni le nom des parents, ni le nom de son épouse s’il en a une, la recherche semble difficile.

Ces éléments nous permettent de reconstituer la famille à la génération du dessus.
Notre Jean Baptiste de Nantes est le numéro 1.3


 Source : Heridis


Il me faut donc trouver l’acte de mariage de Louis FERRON et Perrine ALIZON (ou ALISON) pour avoir le nom des parents de Louis. Je cherche en premier lieu dans la commune où sont nés leurs enfants : Rougé. Concernant la période, je cherche dans les tables de mariage de 1833 à 1842 puisque la naissance de leur premier enfant connu a lieu en 1841 avec Jean Baptiste.

Table des mariages de 1833 à 1842 de Rougé


Le couple s’est bien marié à Rougé en date du 25 janvier 1835.


Acte de mariage de Louis FERRON et Perrine ALIZON le 25/01/1835 à Rougé

On apprend dans cet acte que les parents de Louis se nomment Pierre FERRON, laboureur habitant à Rougé et Françoise BRIZARD, décédée le 16/10/1829 à Rougé. On apprend aussi que Louis a 21 ans en 1835 et qu’il est originaire de Rougé et qu’il a un frère prénommé Pierre, 30 ans, qui est témoin à son mariage.


Ce nouveau couple nous permet de refaire une recherche dans Geneanet grâce à laquelle nous obtenons 15 résultats ! 9 viennent de relevés d’actes et 6 d’arbres en ligne !

Dans les relevés d’actes, nous avons :
-          L’acte de décès de Pierre FERRON (l’époux) le 8/06/1838 à Rougé qui nous donne le nom de ses parents : Pierre FERRON et Mathurine DUCHAINE et qui nous apprend qu’il est né à… Congrier !
-          L’acte de naissance de Louis Pierre François FERRON (celui dont on a trouvé le mariage avec Perrine ALIZON), né le 13/01/1813 à Rougé, fils du couple
-          L’acte de naissance de François FERRON le 21/03/1811 à Rougé, fils du couple
-          L’acte de décès de François FERRON le 21/10/1811 à Rougé à 7 mois, fils du couple
-          L’acte de naissance de Jean Marie FERRON le 8/10/1819 à Rougé, fils du couple
-          L’acte de décès de Jean FERRON le 14/08/1859, 40 ans, à Rougé, fils du couple et époux de Julienne GIBOIRE (celui qui est né en 1819). Témoin : Julien FERRON, son frère
-          L’acte de naissance de Julien FERRON le 25/02/1816 à Rougé, fils du couple
-          L’acte de décès de Julien FERRON le 26/04/1883 à Rougé, 67 ans, fils du couple
-          L’acte de décès de Françoise BRIZARD le 15/10/1829 à Rougé, 50 ans (l’épouse)


Grâce aux arbres en ligne, on en apprend un peu plus sur certains des enfants du couple :
-          Jean Marie a eu une fille, Agathe, avec son épouse Julienne GIBOIRE
-          Julien a épousé Marie BORDIER et a eu 3 enfants dont certains ont aussi une descendance
-          les parents Pierre FERRON et Françoise BRIZARD se sont mariés le 3 juillet 1810 à Rougé
-          le père Pierre FERRON est né le 17 février 1766 à Congrier, ce que confirmera l’acte de mariage ci-dessus

Ces nombreuses informations sur ce couple confirmées par les tables décennales nous permettent de remonter encore d’une génération (le père de notre Jean Baptiste est le 4b.1).



Source : Heridis


Malheureusement, pas de trace de la naissance de Pierre FERRON le 17 février 1766 à Congrier (53 – Mayenne) dans les registres des archives de l’état civil des AD 53.

Mais une nouvelle recherche par couple dans Geneanet nous permet de trouver le relevé de l’acte de mariage des parents de Pierre : Michel FERRON et Mathurine DUCHESNE le 25/01/1763 à Congrier.


 Source : Geneanet




Acte de Mariage de Michel FERRON et Mathurine DUCHESNE le 25/01/1763 à Congrier

Le vingt cinq janvier mil sept cent soixante trois après les publications des
bans faites canoniquement en cette église et en
celles de Chaze Henry, et de Saint Aubin de ............... sans opposition ni
empêchement venu à notre connaissance ont été épousés par nous vicaire sous
signé Michel Ferron âgé de vingt un ans fils de défunt Michel Ferron et de
Jeanne Potier (ou Patrie ?) consentante de cette paroisse d'une part. Et Mathurine Duchesne
âgée de vingt ans fille de défunt Mathias Duchesne et de Mathurine
Gautier présente et consentante de la paroisse de Chazé Henry d'autre part.
En présence de Louis et Jacques Ferron de la paroisse de Bouchamps oncles
de l'époux, de François Gautier oncle de l'épouse de cette paroisse, de Jean
Gautier son curateur de la paroisse de Saint Aubin de ..........
(page suivante) de Jacques Gantes beau frère de l'épouse de la paroisse de Saint ........
et de plusieurs autres parents ou amis qui ont dit bien connaître les dits
époux, leurs mères et leurs domiciles et ont déclaré ne savoir signer.


On découvre ainsi que les parents de l’époux se nomment Michel FERRON et Jeanne POTIER ou PATRIE qui justement se trouvent dans mon fichier car j’avais relevé leurs noms dans les registres de Congrier de 1760.

Une recherche Geneanet par couple avec les noms de Michel FERRON (+variantes) et Jeanne P* entre 1700 et 1780 me donne 3 relevés d’actes, tous à Congrier !
-          l’acte de mariage de Michel FERRON, fils de Michel FERRON et Jeanne POTIER, avec Mathurine DUCHESNE le 25/01/1763 (que l’on a vu plus haut)
-          l’acte de mariage de Michel FERRON et Jeanne PATRIE le 1/10/1740
-          et l’acte de mariage de Jeanne PATRIE veuve de Michel FERRON avec Pierre MIGNOT le 16/01/1745 dans lequel on apprend que Jeanne est donc veuve en 1745

De précieuses informations qui nous permettent de découvrir que le père de Michel FERRON se prénommait aussi Michel, qu’il est né aux alentours de 1715 et qu’il est de la paroisse de Bouchant, aujourd’hui Bouchamps-les-Craon, à 12 km de Congrier. Malheureusement, la mère de Michel Ferron n’est pas dénommée.

Source : Google Map


Cependant, l’épouse de Michel devenue veuve, s’est remariée le 16 janvier 1745.
On aura peut-être le nom de la mère de Michel Ferron dans son acte de décès qu’on sait être entre son mariage en octobre 1740 et le remariage de son épouse en janvier 1745.

C’est en 1743 qu’on trouve l’acte de décès de Michel Ferron en date du 17 novembre.

Source : AD 53 - BMS 1736-1760 - Page 88/298

Le dix neuf novembre mil sept cent quarante trois le
corps de Michel Ferron décédé le dix sept à la Beyneraye
âgé de vingt neuf ans a été inhumé au cimetière de ce lieu
par nous curé soussigné en présence de Michel Ferron
son père et Jean Ferron son frère de la paroisse de
Bouchamps et d'autres de cette paroisse qui ont dit ne
savoir signer

Malheureusement, l’acte de décès de Michel Ferron ne nous apprend pas le nom de sa mère ce qui nous aurait permis de trouver le mariage des parents.

C’est ainsi que nous pouvons représenter la lignée patronymique de Louis FERRON (le grand-père de notre Jean-Baptiste de Nantes) à gauche, tandis qu’à droite se trouve la lignée patronymique de mon ancêtre.



Source : Heridis

Nous avons vu qu’ils habitaient dans la même zone, parfois même dans le même village, ce qui semble indiquer qu’ils sont reliés d’une façon ou d’une autre, mais rien pour l’instant n’apporte d’élément de preuve que les deux familles ont un couple d’ancêtre en commun.


Retrouvez la généalogie de Jean-Baptiste FERRON sur mon arbre en ligne sur Geneanet en cliquant ICI.



FIN.










mardi 12 septembre 2017

L’histoire tragique du petit Paul MILLIAT

Paul Louis MILLIAT est né le 29 juin 1904 à Nantes (44).
Ses parents, Paul Alexandre, parfumeur de profession comme son père avant lui puis coiffeur, et Mathilde BRISSAC, fille d’Emile BRISSAC et d’Amélie FERRON, se sont mariés un an auparavant.

Amélie FERRON est la fille d'Etienne Augustin FERRON et Françoise RAVON, les arrière-grands-parents de mon grand-père Pierre FERRON.
Le petit Paul est donc un petit cousin de mon grand-père.



Paul est fils unique. La famille vit à Nantes, et à l’été 1913, le petit Paul, 9 ans, est au bord de la mer chez ses grands-parents à La Bernerie en Retz (44) à 50 km de Nantes.

J’imagine qu’Emile BRISSAC et Amélie FERRON, qui habitent aussi Nantes, ont invités leurs enfants et petits-enfants dans leur maison de vacances.
Ils ont en effet quatre filles qui ont toutes une trentaine d’années à cette époque : Mathilde, la mère de Paul Louis, Amélie qui a épousé Emile BREVET, Berthe qui a épousé Eugène METAIRAUD et Gabrielle qui est célibataire.

Que s’est-il passé en ce deuxième jour d’août ? Le petit Paul qui jouait avec ses cousins est-il tombé d’un rocher ? A-t-il succombé à une maladie ? Car d’après son acte de décès déclaré le lendemain par ses oncles Emile BREVET et Eugène METAIRAUD à la mairie de La Bernerie-en-Retz, le petit Paul est décédé à 23h40.


Acte de Décès de Paul MILLIAT survenu le 2 août 1913

L’an mil neuf cent treize, le trois du mois d’août à dix heures du matin
Par devant nous Louis Benjamin, maire officier de l’état civil de la
Commune de La Bernerie en Retz, canton de Bourgneuf, arrondissement de Paimboeuf,
Département de la Loire-Inférieure, sont comparus METAIRAUD Eugène
Agé de trente quatre ans, entrepreneur, domicilié à Nantes, rue du Calvaire,
Oncle du défunt et BREVET Emile, âgé de quarante ans,
Directeur d’usine, domicilié à Nantes, place Monselet, oncle du défunt,
Lesquels ont déclaré qu’hier, à onze heures quarante minutes du soir,
MILLIAT Paul Louis, âgé de neuf ans, né à Nantes, y domicilié chez
Ses parents, en villégiature à La Bernerie, fils de MILLIAT Paul, coiffeur,
Place du Bon Pasteur à Nantes et de BRISSAC Mathilde, sans profession, domiciliés au même lieu
Est décédé chez ses grands-parents à La Bernerie ainsi que nous nous en sommes assuré.
Lecture faite du présent acte aux comparants, nous l’avons signé avec eux les dits jour, mois et année.


Le 5 août, le jeune Paul MILLIAT fût inhumé dans la tombe familiale au cimetière Miséricorde à Nantes.



Malheureusement, je n’ai pas trouvé en ligne d’article de journaux relatant ce fait divers.

Retrouvez la généalogie de Paul MILLAT sur mon arbre en ligne sur Geneanet en cliquant ICI.


FIN.

jeudi 25 mai 2017

Dernières volontés de mon AAGM Geneviève DE JOLY


Alors que certains généabloggeurs sont, après plusieurs semaines de travail intense, sur le point de publier leur Challenge AZ, je m’apprête à découvrir leur travail, leurs histoires et leurs retours d’expérience.

Cette année, point de Challenge AZ pour moi comme en 2014, 2015 ou 2016 car j’ai mis mes recherches entre parenthèses pendant plusieurs mois pour cause de maternité. Je me ferai donc une joie de découvrir chaque jour au mois de juin les articles de tous mes amis bloggers.

Je souhaite cependant continuer à publier mes recherches et aujourd’hui, je voudrai vous présenter un document qui m’est cher car c’est la lettre dans laquelle Geneviève DE JOLY, mon arrière-arrière-grand-mère, exprime ses dernières volontés à ses enfants.

Dernières volontés de Geneviève DE JOLY épouse JACQMIN


Mes fils et mes filles bien aimés,

Le Bon Dieu a exaucé la prière que je lui avais souvent faite de ne pas
me reprendre la première ; je n’ai donc plus à vous recommander votre
cher Père, tant au point de vue du corps qu’au point de vue de l’âme.

Mais, comme c’est un devoir pour nous de faire prier pour les nôtres
qui ne sont plus, je vous préviens que je me suis arrangée pour faire
deux fondations de Messes : 1° une de 24 messes par an pour votre père
et pour moi- 2° une de 12 messes par an pour mon Beau-père et pour ma Belle-mère, vos grands-parents.

Cela ne vous empêchera pas de nous faire dire des Messes si vous le
voulez. On n’a jamais trop de prières.

La fondation demandée par votre Bon papa de JOLY a été faite selon
son désir.

La seule chose que je vous demande sous le rapport des prières c’est :
aussitôt après ma mort d’écrire à Monsieur le Directeur de l’Archiconfrérie
de Notre-Dame du Sacré-Cœur à Issoudun (Indre) pour lui annoncer mon
décès et lui envoyer la somme de 400 Frs ou plus si le prix est augmenté
pour qu’un Trentin Grégorien de Messes soit célébré de suite pour mon âme.
On ne peut plus le faire à la Trinité comme je l’avais fait pour votre père.

Il me reste à vous recommander mes enfants chéris de vous aimer tendrement
tous les quatre : qu’aucun partage ne vienne troubler votre affection.

Tâchez que vos enfants ne nous oublient pas. Rappelez-vous que votre Maman
vous a tous aimés de tout son cœur, qu’elle vous a toujours confiés au
Sacré Cœur de Jésus qui vous a si bien gardés pendant l’affreuse guerre :
qu’elle a confiance que votre vie a tous sera telle que nous nous retrou-
verons tous dans la pleine joie du Ciel !

Je demande pardon à tous ceux auxquels j’ai pu faire quelques peines ou
quelques torts.

Je désire n’avoir ni fleurs, ni couronnes à mon enterrement. Demandez
des prières. Je veux être ensevelie avec mon chapelet, mon scapulaire** et
ma corde du Tiers Ordre et sur ma poitrine mon crucifix du Tiers Ordre.

Je vous demande de prévenir de ma mort toutes les Confréries et Œuvres
dont je fais partie (et dont les images sont dans le petit meuble de ma
chambre. Madeleine pourra vous aider pour cela car elle sait ce dont je
fais partie.

Vous vous partagerez fraternellement ce qui vient de moi. Vous donnerez
un souvenir à ceux que j’aime particulièrement, par exemple Elisabeth
GALLAND qui est une vraie sœur pour moi ; ma fille Thérèse de DARASSUS,
Mme LAVERNE que j’aime profondément, la bonne amie BOUTET. Je vous laisse
libres de choisir l’objet ; vous y joindrez un objet de piété. Je serais
contente si vous donner à Thérèse de DARASSUS le coffret à ouvrage chinois
qui est sur ma commode et qui vient de ma tante Edmond.

Ginette m’a demandé il y a longtemps de lui laisser mon livre de Messe.
Elle pourra prendre le plus mince des deux.



(Verso)
Je serais heureuse que ma petite Yvette ait mon chapelet de 1ere
Communion.

J’ai donné à Monique mon piano ; vous y ajouterez ma petite commode
Louis XVI. Dans mes bijoux vous prendrez quelque chose pour Suzy
et Yvette. Les garçons auront quelque chose de mon mobilier.

Quand vous aurez pris les livres religieux qui vous plairont, vous
donnerez le reste à Mme LAVERNE pour le Tiers Ordre.
Encore une fois, aimez-vous en vrais frères et sœurs. Je suis sûre
que vous le ferez car je sais que vous m’aimez.

10 Avril 1935

Votre Maman,
G. JACQMIN



Ci-joint la liste des œuvres auxquelles je veux que vous donniez
et mes volontés pour Madeleine.

10 Avril 1935

G. JACQMIN

Juillet 42
Puisque Monique entre en religion, ma petite commode sera pour Yvette.
Je sais que les Trentaines de Messes sont très augmentées. Vous donnerez
ce qu’il faudra car j’y tiens absolument.

Si vous faites faire une image souvenir de moi, je désire que vous
y mettiez Tertiaire de St François.



Trouvée au milieu d’un tas de documents familiaux, je n’ai pas su tout de suite qu’il s’agissait d’une lettre de mon ancêtre Geneviève.


Mais plusieurs éléments indiquent que c’est bien elle qui a écrit cette lettre :
·       - la signature bien sûr : «  G. JACQMIN », qui correspond à Geneviève signant de son nom d’épouse.

·       - la date à laquelle la lettre a été écrite : le document a été rédigé pour la plus grande partie le 10 avril 1935 et un rajout a été fait en juillet 1942. Or Geneviève est décédée le 25 février 1945.

·       - ainsi que des éléments comme le fait que son mari est décédé le premier : son époux, Henri JACQMIN, est décédé treize ans auparavant. Mariés en 1886, ils ont vécu 36 ans ensemble avant qu’Henri décède dans sa 65ème année en 1922.

·       -  Elle parle enfin d’un coffret lui venant de « la tante Edmond ». Or son oncle paternel se nomme Edmond DE JOLY et il était bien marié.

Cependant, certains éléments posent question :
·       -  A qui correspondent « mes fils et mes filles bien aimés » ?
Geneviève et Henri ont eu quatre fils dont seulement deux vivront jusqu’à l’âge adulte : Marcel et André, mon AGP. Je suppose donc que Geneviève s’adresse non seulement à ses fils, mais aussi à ses belles-filles : Geneviève BOUTET, la femme de Marcel, et Claire LAVERNE, mon arrière-grand-mère.


Arbre de descendance de Geneviève DE JOLY sur 3 générations


·      -  Qui est Thérèse de DARASSUS qu’elle appelle sa fille et qui doit recevoir « le coffret à ouvrage chinois (…) qui vient de [la] Tante Edmond » ?


Cette lettre est intéressante car elle montre à quel point la religion est importante pour mon AAGM. J’imaginais bien que l’Eglise et les bonnes œuvres tenaient une part importante dans sa vie mais on voit bien que la religion fait partie intégrante de chacune de ses pensées !
« Le Bon Dieu a exaucé la prière que je lui avais souvent faite. »
« Je n’ai donc plus à vous recommander votre cher Père. »
« C’est un devoir pour nous de faire prier pour les nôtres qui ne sont plus. »
« On n’a jamais trop de prières. »

Même quand elle dit à ses enfants qu’elle les aime, la religion est présente ; c’est presque une preuve d’amour.
« Rappelez-vous que votre Maman vous a tous aimé de tout son cœur, qu’elle vous a toujours confiés au Sacré Cœur de Jésus (…) »


Geneviève demande à ses enfants de faire plusieurs choses pour elle à son décès :
·           Organiser des messes pour elle et son défunt mari, même si elle s’est déjà organisée pour que cela soit fait : « Cela ne vous empêchera pas de nous faire dire des Messes si vous le voulez. On n’a jamais trop de prières. »

·           Prévenir les bonnes œuvres auxquelles elle appartenait : « Je vous demande (…) aussitôt après ma mort d’écrire à Monsieur le Directeur de l’Archiconfrérie de Notre-Dame du Sacré-Cœur (…) pour lui annoncer mon décès (…) pour qu’un Trentin* Grégorien de Messes soit célébré de suite pour mon âme. »

·           Organiser son enterrement à sa convenance : « ni fleurs, ni couronnes (…). Demandez des prières. Je veux être ensevelie avec mon chapelet, mon scapulaire** et ma corde du Tiers ordre et sur ma poitrine mon crucifix du Tiers Ordre. »

·           De se « partager fraternellement » ses biens et de « donner un souvenir à ceux qu’[elle] aime particulièrement », et notamment à Mme LAVERNE, et Mme BOUTET, les mères de ses belles-filles.
Elle demande aussi qu’on donne certains objets à ses petits-enfants, notamment « son chapelet de première communion » à sa petite-fille Yvette (ma grand-tante), son piano et une commode pour Monique (mon autre grand-tante) et un bijou pour Suzy, en précisant que les garçons auront « quelque chose de [son] mobilier ».

·           Enfin, elle donne des instructions si ses enfants veulent faire une image en son souvenir : « je désire que vous y mettiez Tertiaire de St François », image que les enfants feront et que je vous avais présentée l’année dernière dans mon article D comme Décès.

Image souvenir de Geneviève DE JOLY épouse JACQMIN
Source : Archives familiales

Je suis très heureuse d’avoir trouvé cette lettre car elle me permet d’en savoir plus sur la personnalité de mon aïeule, alors que généralement les documents que nous rencontrons nous indiquent plutôt des faits.

Retrouvez la généalogie de Geneviève de JOLY sur mon arbre en ligne sur Geneanet en cliquant ICI.

FIN.

* Un trentain est constitué par trente messes qui doivent être célébrées trente jours de suite.

** Le scapulaire de dévotion se compose généralement de deux petits morceaux (généralement rectangulaires) de tissu, de bois ou de papier plastifié, de quelques centimètres de taille, qui peuvent porter des images ou des textes religieux. Ils sont rejoints par deux bandes de tissu et le porteur place un carré sur la poitrine, pose les liens de tissu sur chaque épaule et laisse le deuxième carré de tissu pendre dans son dos. Source : Wikipedia