lundi 30 juin 2014

#ChallengeAZ : Z comme Zorro

Z comme Zorro, c’est un peu facile, mais cela représente bien ce dernier article du challenge AZ. Je voulais en effet vous reparler de Jacques TAJASQUE, le grand-père de ma grand-mère Yvette, capitaine de frégate, que j’ai déjà mentionné plusieurs fois.


Jacques TAJASQUE vers 1880
Source : Archives familiales

Pourquoi Zorro ? Tout simplement parce que j’ai retrouvé deux documents dans les archives familiales expliquant comment mon ancêtre avait sauvé la vie de deux hommes, et évoquant deux autres sauvetages.

Les faits relatés ont eu lieu pour l’un en 1864 lorsqu’il était enseigne de vaisseau sur le vaisseau La Loire, et l’autre en 1871 lors de l’insurrection de Paris (voir H comme Histoire du siège de Paris en 1871).

Et comme les documents parlent d’eux-mêmes, je vous laisse découvrir ces deux actes de bravoure !

Témoignage de satisfaction de Jacques TAJASQUE
 par le Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des Colonies - 26 mars 1864
Source : Archives familiales


Ministère de la Marine et des Colonies
1er .....
1er Bureau
Etat major de la flotte

Paris le 26 mars 1864


   Monsieur le Commandant,

   J'ai reçu le rapport que vous m'avez adressé, le
17 de ce mois, pour me rendre compte d'un acte de dévoue-
ment accompli par M. Tajasque, Enseigne de Vaisseau
auxiliaire de la Loire, qui s'est jeté, la nuit, tout
habillé, dans un des bassins du Havre, pour sauver
le chirurgien major du Batiment tombé accidentelle-
ment à la mer.
   Vous m'avez fait connaître en même temps qye
M. Tajasque avait déjà précédemment accompli
deux actes de sauvetage.
   J'ai fait prendre une note particulière de votre deman-
de d'entretien en faveur de cet officier auxiliaire
pour qu'elle me soit présentée quand je croirai
le moment venu de le nommer Enseigne de vaisseau.
   En attendant, je vous prie de témoigner à Mr
Tajasque toute ma satisfaction pour sa con-
duite dévouée dans la circonstance relatée ci-
dessus.
   Recevez, Monsieur le Commandant, l'assurance de
ma considération distinguée.
         Le Ministre Secrétaire d'Etat de la Marine et des Colonies
                                   signé de Chasseloup Laubat*

Pour copie confor.
me
Le Commd de la Loire


* Prosper de Chasseloup Laubat fut ministre de la marine et des colonies de novembre 1860 à 1869 puis ministre présidant le Conseil d'État du 17 juillet 1869 au 2 janvier 1870.
(source : Wikipedia)







« Belle action » de Jacques TAJASQUE relatée par
le Commandant du 4e corps - 20 mai 1871
Source : Archives familiales


Armée de Versailles
4è corps
Etat major

Ordre n°13

   Hier matin un travailleur de tranchée
du 94e de ligne s'étant fracturé la jambe
la nuit précédente en sautant dans le saut
de loup de Boulogne, était resté en avant de
nos lignes, dans une position d'autant plus
facheuse qu'il était exposé à la mousqueterie de
la place.
   Apercevant les signes qu'il faisait, Mr
Tajasque, enseigne de vaisseau à la batterie
d'obusiers de montagne et le matelot canonnier
Brun ont pu arriver jusqu'à cet homme
et le rapporter sous les balles ennemies, en lieu
sur.
   Le Général commandant le 4e corps est
heureux de porter cette belle action à la
connaissance des troupes placées sous ses ordres.

            Camps de Villeneuve l'étang le 20 mai 1871
               Le Général de Division commandant
                                   le 4e corps




Et voilà ! Le challenge AZ 2014, c’est fini !

J’espère que vous avez pris autant de plaisir à le lire que j’en ai eu à l’écrire !

Un grand MERCI à Sophie Boudarel qui nous pousse sans cesse à nous dépasser et qui fait vivre nos blogs de généalogie,

Un grand MERCI à mes parents et cousins pour toutes ces anecdotes et précisions sur l’histoire familiale,

Un grand MERCI aux généablogueurs pour l’aide qu’ils m’ont apportée, notamment pour la transcription de certains mots qui me paraissaient illisibles,

Et un grand MERCI à tous ceux qui m’ont « supportée » - dans tous les sens du terme - depuis presque deux mois que dure ce marathon, car vous vous en doutez bien, publier un article par jour pendant 1 mois se prépare un peu à l’avance et demande beaucoup d’investissement !

Et une mention toute spéciale à mon mari que je remercie beaucoup car sans lui, je n’aurai pas réussi ce challenge !



FIN.


samedi 28 juin 2014

#ChallengeAZ : Y comme Yvette

Comme je l’ai dit au début de ce challenge, j’ai choisi comme thème ma grand-mère Yvette et ses ancêtres. Il est donc temps de faire connaissance avec ma grand-mère maternelle !

Je m’attacherai surtout à vous présenter son enfance et sa vie de jeune mariée, période que je ne connaissais pas et que j’ai découverte à travers un certain nombre de photos et de documents. Je vais donc vous résumer sa vie en images !


Les parents de ma grand-mère, Albert TAJASQUE et Thérèse VAN WIND se sont mariés le 10 juillet 1923 à Paris, dans le 17e arrondissement.
Il a 46 ans, se présente comme « Administrateur des colonies » et habite à Paris rue Jouffroy dans le 17e arrondissement. Ce sont ses premières noces.
Elle, a 34 ans, est divorcée d’un certain Emile Auguste Richard MAHIEUX depuis 2 ans et habite dans la banlieue de Bruxelles à Schaerbeek (Belgique).

Ma grand-mère Yvette pensait qu'ils s’étaient rencontrés à Vichy (03 – Allier).
Son père se rendait en effet très régulièrement dans la ville d’eau car il était malade du foi à cause de la nourriture qu’il avait mangée durant de nombreuses années en Indochine.

Albert TAJASQUE et Thérèse VAN WIND
Source : Archives familiales


Un peu plus de quatre ans plus tard, le 7 janvier 1928, ma grand-mère Yvette naissait au domicile de son père devenu celui de ses parents au 90 rue Jouffroy.

Bulletin de Naissance d’Yvette TAJASQUE délivré en 1934
Source : Archives familiales


Comme je vous le disais, j’ai retrouvé plusieurs photos de la toute jeune Yvette.

Ici, Yvette à 6 mois dans les bras de sa grand-mère paternelle Léontine.


Yvette dans les bras de sa grand-mère Léontine Dupuy ép Tajasque
Juillet 1928
Source : Archives familiales


Là, le portrait d’Yvette, à peine âgée d’un an et demi.

Paris, Yvette a un peu plus d’un an en 1929
Source : Archives familiales



Chaque année, la famille passe les vacances à la mer, à la campagne ou à la montagne, avec un choix plus prononcé pour la côte normande.
Ils logeaient selon leurs destinations, soit à l’hôtel, soit chez des hôtes payants.

Albert Tajasque et sa fille Yvette
à Lion sur Mer en août 1929
Source : Archives familiales



Yvette dans les bras de son père Albert
D’un côté sa mère Thérèse Van Wind
De l’autre sa grand-mère Léontine
A Gex en juillet 1930
Source : Archives familiales


Ci-dessous ma grand-mère en 1930 vers l’âge de deux ans et demi.
J’aime beaucoup ce portrait de ma grand-mère enfant !
Et je me rend compte à quel point certains traits peuvent passer d’une génération à une autre. Je  retrouve en effet beaucoup de ressemblance avec mon plus jeune fils dans ce visage encadré de boucles.

Yvette en 1930 vers 2 ans et demi
Portrait chez un photographe à Bruxelles
(certainement lors d’une visite à ses grands-parents maternels)
Source : Archives familiales



1933. Yvette a 5 ans. Petite fille qui semble si sage dans ses souliers vernis…

Yvette à 5 ans – 1933
Source : Archives familiales



1935. La famille a déménagé quelques années plus tôt de la rue Jouffroy pour le boulevard Pereire dans le même quartier. Yvette a 7 ans et rentre à l’école La Bruyère, rue Marcel Renault.
Sa fiche médicale faite à cette l’occasion indique qu’elle a eu la rougeole ainsi qu’une double otite l’année précédente.

Fiche médicale d’Yvette Tajasque
lors de son entrée à l’école en 1935
Source : Archives familiales



1938. Yvette a 10 ans et c’est le jour de sa première communion.
Comme elle semble sage et sérieuse.

Yvette à sa première communion
Le 19 mai 1938
Eglise Saint Ferdinand des Ternes (Paris 17e)
Source : Archives familiales


Ce qui est étonnant quand on regarde les photos de la jeunesse de ma grand-mère, c’est qu’elle n’est jamais toute seule alors même qu’elle était enfant unique !

C’est vrai que j’ai sélectionné des photos où elle est la plupart du temps seule car ainsi,  elle est bien visible sur les photos qui sont vraiment de petits formats (5 x 7 cm), mais ce n’est pas du tout représentatif !

On la voit très souvent au milieu d’une tribu d’adultes, d’enfants ou des deux…
Des amis de ses parents ? des connaissances ? des hôtes chez qui la famille loge ?

Vacances 1938 ou 1939
Yvette au centre avec sa grand-mère Léontine derrière elle et Albert son père à gauche
Sources : Archives familiales



1941. L’occupation n’empêche pas la famille de passer les vacances d’été à Annecy (74 – Haute-Savoie). Yvette devient une élégante jeune fille.

Yvette en août 1941 à Annecy
A 13 ans
Source : Archives familiales


14 avril 1946. Yvette perd sa mère, Thérèse Van Wind, alors qu’elle a à peine 18 ans.
Elle n’en aimera son père que d’avantage.

La même année, elle obtient son bac et s’inscrit à la faculté de droit

Livret universitaire d’Yvette TAJASQUE
Source : Archives familiales



Carte d’étudiante à la faculté de droit d’Yvette Tajasque
Pour l’année 1947-1948
Source : Archives familiales



A la fin des années 40 (est-ce l’été 1947 ? 1948 ?) Albert Tajasque et sa fille Yvette vont passer quelques jours de vacances dans une station balnéaire à Houlgate (14 – Calvados) dans une maison appelée Le Wellingtonia (voir W comme Wellingtonia).
Ils logent chez Eugène et Elisabeth LAVERNE, les grands-parents de Serge JACQMIN (que ma grand-mère Yvette épousera en 1949) qui prennent des hôtes payants dans les années d’après-guerre.


Photo de groupe sur la terrasse du Wellingtonia à Houlgate (14)
On voit en arrière plan le séquoia géant qui a donné son nom à la maison
Source : Archives familiales
Je reconnais certaines personnes mais mes cousins pourront peut-être
m’aider à identifier les autres ! Choisissez un numéro et faites vos jeux !
Résultat des courses ! N°1 : Henri LAVERNE - N°2 : Jacqueline CAVAYÉ ép Henri LAVERNE - N°4 : Jean CAVAYÉ, le frère de Jacqueline - N°5 : Alain LAVERNE, le fils d'Henri et Jacqueline


C’est ainsi qu’Yvette rencontre Serge….

Une version de l’histoire familiale veut que lors d’un pique-nique aux Falaises des Vaches Noires, Yvette se soit tordue la cheville et que Serge se soit proposé de la raccompagner…


Une autre version veut qu’Yvette s'étant tordu la cheville, elle n’ait pas pu participer à ce pique-nique aux Vaches Noires et qu’elle soit donc restée au Wellingtonia. Serge se serait proposé de rester pour qu'elle ne soit pas seule…

Mes grands-parents s’uniront devant le maire du 17è arrondissement de Paris le lundi 4 juillet 1959. Deux jours plus tard, ils s’épouseront à l’Eglise Saint Ferdinand des Ternes  (voir M comme Mariage).

Mariage de mes grands-parents Yvette TAJASQUE et Serge JACQMIN
le 6 juillet 1949 à Paris 17e
Source : Archives familiales



Ainsi va commencer la vie à deux…

Yvette et Serge en juillet 1949
à Saint-Jean-de-Luz
Source : Archives familiales


Et très vite à trois avec la naissance de leur fils Claude en 1950, puis quatre avec l’arrivée de Martine, ma mère, en 1952.

Yvette sur la plage d’Houlgate avec ses deux aînés
Claude, 2 ans et Martine, 6 mois - Août 1952
Source : Archives familiales


Ils iront très souvent dans la maison familiale d’Houlgate mais voyageront aussi beaucoup dans le sud de la France et en 1957 en Espagne.

Yvette et Serge en vacances à Lloret de Mar (Espagne)
Juillet 1957
Source : Archives familiales


A la fin de l’année suivante, en décembre 1958, ils auront une petite fille qu’ils prénommeront Chantal.

Chantal vers 1an ½ en 1960
Source : Archives familiales



Quelques années plus tard, en 1971, lors d’un voyage avec des amis à Ibiza.

Août 1971, Yvette à Ibiza
Source : Archives familiales




Mais c’est ainsi que ma grand-mère restera dans ma mémoire, moi qui suis née en 1979 alors qu’elle avait 51 ans.


Ma grand-mère Yvette telle qu’elle restera dans ma mémoire
Noël 1992
Source : Archives familiales


Ma grand-mère s’est éteinte le 23 décembre dernier à Paris, dans l’appartement qui a toujours été le sien depuis l’âge de 2 ans !

Elle nous laisse des souvenirs, plusieurs objets et meubles, la plupart hérités de ses propres parents, qui ont été transmis à ses enfants et petits-enfants, et toute cette mémoire familiale que j'ai grand plaisir à vous présenter à travers ce challenge, ces précieux documents qui retracent la vie de mes ancêtres qui bien sûr étaient les siens avant d’être les miens !
  


A lundi pour le Z…



vendredi 27 juin 2014

#ChallengeAZ : X comme Inconnu

Pas facile de trouver un mot commençant par X…. et de le relier à ma grand-mère ou ses ancêtres puisque c’est le thème que j’ai choisi pour ce challenge !

Heureusement pour moi, la lettre X est utilisée en généalogie pour les inconnus, c’est-à-dire les parents des enfants trouvés.

On dit souvent que nous descendons tous d’un roi et d’un pendu… on pourrait dire aussi que nous avons tous un enfant trouvé dans notre généalogie !

La branche de ma grand-mère ne fait pas exception. C’est en Belgique que j’ai rencontré un enfant trouvé et donc une branche… coupée !

Souvenez-vous, je vous ai parlé de Thérèse VAN WIND, la mère de ma grand-mère dans l’article B comme Belgique.

Et bien cet enfant inconnu, c’est Bruno VAN WIND, son grand-père, qui est né au début du mois d’octobre 1820 à Bruxelles, et qui a été trouvé dans « le tour de l’hospice ».

Dans les archives du Royaume, on peut trouver son acte de naissance qui décrit l’enfant trouvé.

Acte de Naissance de Bruno VAN WIND le 5 octobre 1820 à Bruxelles

Du cinquième jour du mois de octobre l’an dix-huit cent vingt à onze heures.
Acte de Naissance de Bruno VAN WIND, âgé d’un jour, qui a été trouvé
le cinq de ce mois, à cinq heures du matin, dans le tour de l’hospice
des enfants trouvés, il était vêtu d’un bonnet de basin ( ?) piqué blanc garni d’une dentelle ; d’une
chemise ; d’une camisole de basin blanc rayé (…)


On peut donc s’interroger sur le choix du nom VAN WIND… qui veut simplement dire « le vent ».
Je suppose donc que ce 5 octobre 1820 devait être assez venteux à Bruxelles !


Bruno VAN WIND deviendra menuisier et épousera Maria VAN GRUNDERBEECK le 26 juillet 1855 à l’âge de 34 ans. Son épouse, originaire de Steenokezeel est plus jeune de quatre ans. Ils auront au moins un enfant, Lambert, né le 31 mai 1863 à Schaerbeek, mon arrière-arrière-grand-père.


 



A demain pour le Y…



jeudi 26 juin 2014

#ChallengeAZ : W comme Wellingtonia

Le W était tout trouvé pour moi ! Je ne pouvais que vous parler du Wellingtonia !
  


Source : Collection personnelle

Le Wellingtonia, c’est la maison de famille construite à Houlgate (14 – Calvados) par Joseph CHABERT,  l’AAGP de mon grand-père Serge JACQMIN que ma grand-mère épousa en 1949 (voir M comme Mariage).


Dessin du Wellingtonia
Source : Collection personnelle


Cette grande maison de deux étages et d’un entre-sol est construite sur une parcelle de terrain de 1 590 mètres carrés.


Vue aérienne d’Houlgate
Source : Archives familiales

La maison, divisée en appartements a d’abord été partagée entre les enfants de Charles CHABERT (le fils de Joseph) et son épouse Marguerite CREPON avant que les enfants de leur fille Elisabeth rachètent les parts de leurs cousins.

Depuis, la maison s’est transmise de génération en génération.

Mes grands-parents y passaient leurs week-end et leurs vacances ; cette maison était pour ma mère le rendez-vous de tous les cousins !

Ma grand-mère Yvette y était très attachée et y a passé de très bons moments.

Ma grand-mère Yvette TAJASQUE
En août 1951 sur la terrasse du Wellingtonia
Source : archives familiales



A la demande de certains, et comme y a si bien répondu mon cousin en commentaires, le nom de la maison, Le Wellingtonia, vient du séquoia géant (Sequoiadendron giganteum) qui ornait le jardin en son centre et qui a dû être abattu.

Au début du mois de ce mois, 50 ans et deux générations plus tard, un nouveau Wellingtonia a été planté près de ce qui reste de la souche de son prédécesseur !





A demain pour le X…



mercredi 25 juin 2014

#ChallengeAZ : V comme Vente

Aujourd’hui, le V sera pour Vente ! Il ne s’agit pas de la vente d’un terrain ou d’une maison, mais de la Vente du fonds de ferblantier d’Antoine DUPUY dont je vous ai déjà expliqué le métier dans un précédent article (voir F comme Ferblantier).


Source : Archives familiales
-> Cliquez sur le titre pour accéder au document en ligne


Antoine DUPUY est le père de Léontine, la grand-mère de ma propre grand-mère Yvette.

Il est né en 1820 à Rieucazé (31) en Haute-Garonne à 40 kilomètres de la frontière espagnole. Je ne sais pas encore beaucoup de choses de ses parents, Arnaud DUPUY et Louise CROUCHET,  seulement que lui était laboureur.

Il épouse Séraphine HEROT qui elle, est native de Nantua (01), village que je vous ai présenté ici dans N comme Nantua. C’est la fille de Joseph HEROT, cordonnier et Marie Anne BURGOT, tous deux originaires de Nantua.

Je suppose que c’est à Toulon (86) qu’ils se rencontrent ? En tout cas, c’est là qu’ils se marient le 13 décembre 1852 et qu’ils vont s’installer.

Ils vont d’abord vivre dans la banlieue de Toulon au faubourg du Pont du Las dans différentes maisons. Peut-être en ont-ils changé à la naissance de leurs deux filles, Marie en 1853 et Léontine en 1856.

Ils habiteront plus tard rue Truguet n°30, où Antoine installera son fonds de ferblantier-pompier.
En 1865, ils vont acheter une parcelle de terrain à bâtir dans la nouvelle enceinte de la ville avenue Est de la Gare qui deviendra le 10 avenue Colbert et leur domicile.

En 1874, Antoine DUPUY a 54 ans et son épouse 49. Il possède toujours son fonds de ferblantier-pompier et a au moins deux employés, Théodore EBERLÉ et Louis HERAUT.
Ils travaillent dur et Antoine les aime bien. Lui qui n’a pas de fils pour reprendre son affaire, il se dit que ces gars pourraient reprendre son fonds afin qu’il ne disparaisse pas.
D’ailleurs, Antoine leur a déjà laissé les rennes du magasin.

En ce vendredi 28 août 1874, il va à l’étude de Me BREST avec ses gars pour officialiser la vente du fonds. Il va le leur vendre pour moitié chacun.
Il leur vend aussi « l’achalandage[1] attaché au dit fonds, ainsi que les outils, comptoirs, balance, boiseries, étagères, marchandises et matières premières ».
On ne va pas faire un état minutieux de chaque chose car « les acquéreurs reconnaissent être en possession du tout depuis quelque temps déjà. »
Antoine précise que « les vitrages extérieurs et l’enseigne appartiennent au propriétaire de la maison ».  Le propriétaire, c’est Mr RUINAT qui habite aussi Toulon. Antoine s’est entendu avec lui pour lui payer 500 francs chaque année pour le bail. Rien n’est écrit mais la parole est donnée. Ils se connaissent bien depuis le temps ! Antoine lui a acheté une maison il y a plus de dix ans. D’ailleurs, je crois bien que c’est comme çà qu’il a trouvé ce fonds. Ruinat a dû lui dire qu’il avait du bien rue Truguet qui pourrait convenir pour son commerce.

Antoine  s’est entendu avec ses employés. Il leur vendra le fonds pour deux mille francs et ils auront cinq ans pour lui remettre la somme et les intérêts à hauteur de 6%.



Mais il est difficile de lâcher une affaire qu’on a montée ! Et ses petits gars sont si jeunes !
Théodore EBERLÉ a seulement 28 ans[2] !

Alors ils ont décidé de s’associer et de créer une société à leurs trois noms.

Le lendemain de la vente, ils retournent chez Me BREST, le notaire, pour l’acte de société.


Source : Archives familiales
-> Cliquez sur le titre pour accéder au document en ligne

« Cette société sera en nom collectif à l’égard de MMrs EBERLÉ et HÉRAUT, et en commandite seulement à l’égard de Mr DUPUY. La raison sociale sera : EBERLÉ, HÉRAUT et Compagnie. La durée est fixée à douze années à partir de ce jour.»


EBERLÉ & HERAUT, Successeur de M. DUPUY
Source : Archives familiales


« Mr DUPUY apporte à la Société une somme de quatre mille francs sur laquelle il a déjà versé celle de trois mille cent francs, ainsi reconnu par les dits MMrs EBERLÉ et HÉRAUT quant aux neuf cents francs restants, ils seront versés par Mr DUPUY à la première demande de ses coassociés.
La dite somme de trois mille cent francs produira, à partir de ce jour, et les neuf cents francs, complément de l’apport de Mr DUPUY, produiront à son profit dès le moment où ils auront été versés, un intérêt de six pour cent par an.

En outre, Mr DUPUY promet d’aider de ses conseils et de son expérience les dits M.Mr EBERLÉ et HÉRAUT auxquels il porte le plus vif intérêt comme ayant été leur patron pendant longtemps. »
           
Antoine DUPUY ne les aidera pas très longtemps car il décédera à Toulon le 10 février 1876.


A demain pour le W…


[1] L'achalandage est la partie de la clientèle de passage davantage retenue par l'emplacement du fonds de commerce que par la personne ou l'activité du commerçant. La jurisprudence et la loi française font de l'achalandage une partie du fonds de commerce, puisqu'elles parlent de clientèle et d'achalandage sans distinguer l'une de l'autre (source : wikipedia)

[2] Théodore EBERLÉ déclarera le décès de son ami et ancien patron Antoine DUPUY survenu le 10 février 1876 à Toulon.  Source : AD 83 - 7E146_330




Page 1

Etude
De
Me BREST
A TOULON
-- Var --
Du 28 août 1874

VENTE

Par Mr Antoine DUPUY
A MMr EBERLÉ et
  HÉRAUT
Du fonds de ferblantier-
Pompier situé à Toulon, rue
Truguet n°30
Moyennant le prix de
2000 f payable dans 5 ans
du jour de traite, avec intérêt
annuel au 6  p%



Page 2

Vente
De fonds de commerce.
       ----------
République Française
Au nom du Peuple Français,

            L’an mil huit cent soixante
Quatorze et le vingt huit du mois d’août,
            Par devant nous Félix
Edouard BREST, licencié en droit, et
Notre collègue, notaires à la résidence de
Toulon, département du Var, soussignés,
            A comparu :
            Mr Antoine DUPUY,
Ferblantier pompier, domicilié et demeurant
A Toulon avenue Colbert, n° 10,
            Lequel a, par ces présentes, vendu
Et irrévocablement transporté, avec garantie
Contre toutes saisies, revendications et autres


Page 3
empêchements quelconques,
            A Messieurs Théodore EBERLÉ
et Louis HÉRAUT, ouvriers ferblantiers-
pompiers, domiciliés et demeurant tous les
deux à Toulon, rue Truguet, n°30, ici
également présents, stipulant et acceptant,
acquérant conjointement à raison de
moitié chacun,
            Le fonds de commerce de
ferblantier-pompier que Mr DUPUY exploite
à Toulon dans la maison rue Truguet
n°30, ensemble l’achalandage attaché au
dit fonds, ainsi que les outils, comptoirs,
balance, boiseries, étagères, marchandises et
matières premières ; de tout quoi les parties ont
jugé inutile de dresser un état descriptif,
attendu que les acquéreurs reconnaissent
être en possession du tout depuis quelque
temps déjà.
            Mr DUPUY déclare que les vitrages
extérieurs et l’enseigne appartiennent au
propriétaire de la maison.
            Les acquéreurs auront, dès
aujourd’hui la pleine propriété et jouissance
du fonds à eux présentement vendu et dont


Page 4
ils sont déjà en possession, ainsi qu’il
vient d’être dit.
            Ils renoncent en tant que de
besoin à élever aucune réclamation contre
Mr DUPUY à raison de l’état et
consistance du dit fonds ainsi que du
matériel et des marchandises qui en
dépendent, ayant du tout une parfaite
connaissance.
            Ils s’obligent solidairement à
acquitter à compter de ce jour, les contributions
de patente, mobilière, personnelle et autres
auxquelles l’exploitation de ce fonds peut
donner lieur, quoique portées au nom de Mr
DUPUY et de satisfaire à toutes les charges
de ville et de police dont pareille exploitation
peut être tenue, de manière à ce que le dit
Mr DUPUY ne soit aucunement inquiété
ni recherché à ce sujet ;
            Enfin ils se soumettent au
paiement de tous les frais, droits et
honoraires des présentes et de la grosse qui
en sera délivrée au vendeur.
            En outre, la présente vente est
consentie et acceptée moyennant le prix


Page 5
de deux mille francs que les dits M.Mrs
EBERLÉ et HÉRAUT, acquéreurs, promettent et
s’obligent, conjointement et solidairement
entre eux, de payer au dit Mr DUPUY,
vendeur, en sa demeure à Toulon ou dans
l’étude de Nous BREST, l’un des notaires
soussignés, dans le délai de cinq années à
compter de ce jour, avec l’intérêt annuel
au six pour cent exigible par annuités,
terme échu, jusqu’à parfait paiement du
principal.
            A la sûreté et garantie du
paiement du dit prix, en principal et
intérêts, le fonds de commerce, présentement
vendu, demeurera affecté par privilège
spécial, expressément réservé au vendeur.
            Par ces mêmes présentes, Mr
DUPUY cède et transporte, comme conséquence
de la vente qui précède, aux dits M.Mrs
EBERLÉ et HÉRAUT, qui acceptent, son droit
pour le temps qui en reste à courir à
compter de ce jour, au bail purement
verbal, des lieux ou s’exploite le fonds de
commerce, objet de la dire vente, et faisant
partie de la maison sise à Toulon, rue


Page 6
Truguet, n°30, appartenant à Mr RUINAT,
propriétaire audit Toulon, lequel bail a eu
lieu moyennant un loyer annuel de cinq
cent francs.
            Cette cession est ainsi faite à
la charge par les cessionnaires de reprendre
le dit bail à leurs risques et périls, d’exécuter
toutes les charges et conditions qui en
résultent et notamment d’en payer à
compter de ce jour le loyer aux termes
d’usage ; le tout de manière à ce que le
dit Mr DUPUY ne soit jamais inquiété
ni recherché à cet égard.
            Pour exécution des présentes, les
parties ont déclaré faire élection de domicile
à Toulon, en leurs demeures respectives sus-
indiquées.
            Avant de clore, Nous BREST, l’un
des notaires soussignés, avons donné lecture
aux parties des articles 12 et 13 de la loi
du vingt trois août mil huit cent
soixante onze.
            Dont acte requis et concédé,
fait et passé à Toulon, en l’étude et
dans les minutes de Nous BREST.


Page 7
            Et après lecture faite, toutes les
parties contractantes ont signé avec nous
deux notaires ./.
            Signé : DUPUY, Th. EBERLÉ, HÉRAUT,
B. GAS et Félix BREST, ces deux derniers
Notaires ./.
            Enregistré à Toulon le vint
neuf août 1874, f° 38, R. Ce 1. Reçu pour
vente quarante francs, pour sous bail Un
franc vingt huit centimes douze centimes,
et pour décimes Dix francs vint huit
centimes./.
            Signé ; PAILHADE.


            En conséquence, le
Président de la République
Française mande et ordonne
a tous huissiers, sur ce requis,
de mettre les présentes à
exécution ; aux Procureurs
généraux et aux Procureurs de
la République près les tribunaux
de première instance d’y tenir
la main ; à tous commandants
et officier de la force publique



Page 8
D’y prêter main forte lorsqu’il en
Seront légalement requis.
En foi de quoi, les présentes
Ont été scellés.
Première grosse délivrée à Mr
DUPUY vendeur.
Toulon le 8 septembre 1874.

Félix BREST








Page 1
Etude de Me BREST, notaire à Toulon – Var
Du 29 Août 1874
Acte de Société entre
MMrs EBERLÉ et HÉRAUT et Mr DUPUY
Pour l’exploitation du fonds de ferblantier-pompier
Situé à Toulon, rue Truguet, n°30


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L’an mil huit cent soixante
quatorze et le vingt neuf du mois d’août,
            Par devant Nous Félix Edouard
BREST, licencié en droit et notre collègue
Notaires à la résidence de Toulon, département
Du Var, soussignés,
            Ont comparus :
1°. Mr Théodore EBERLÉ,
Ferblantier-pompier,
2°. Mr Louis HÉRAUT, aussi
Ferblantier-pompier
            Tous les deux domiciliés et demeurant
A Toulon, rue Truguet, n°30 ;
            Et 3°. Mr Antoine DUPUY,
Ex-ferblantier-pompier, actuellement
Propriétaire sans profession, domicilié et

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demeurant à Toulon, avenue Colbert, n°10
            Lesquels ont arrêté les accords
suivants :

                        Article premier 
            Il y aura société entre les dits mm
EBERLÉ, HÉRAUT et DUPUY pour l’exploitation
du fonds de commerce de ferblantier-pompier
établi à Toulon rue Truguet, n°30 et que
les dits MMrs EBERLÉ et HÉRAUT ont
acquis de Mr DUPUY suivant acte reçu
par Nous BREST, l’un des notaires soussignés,
le vingt huit août courant, enregistré,
moyennant le prix de deux mille francs.
            Cette société sera en nom collectif
A l’égard de MMrs EBERLÉ et HÉRAUT, et en
Commandite seulement à l’égard de Mr
DUPUY.
            La raison sociale sera : EBERLÉ,
HÉRAUT et Compagnie. Il pourra
Y être ajouté la qualité de successeurs de
DUPUY.
                        Article deuxième
            La durée est fixée à douze
Années à partir de ce jour.
            Le siège social sera à Toulon

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Dans les lieux loués pour l’exploitation du dit
fonds dans la maison rue Truguet, n°30
Appartenant à Mr RUINAT, propriétaire à
Toulon.

                        Article troisième
            Les dits MMrs EBERLÉ et HÉRAUT
apportent à la société :
            1° Leur industrie
2° Le dit fonds de commerce de
ferblantier-pompier acquis par eux du dit Mr DUPUY ;
            Et 3° le droit au bail verbal des lieux
où s’exploite le dit fonds et qui leur a été cédé
par le dit Mr DUPUY dans l’acte de vente sus-
énoncé.
            Mr DUPUY apporte à la Société
Une somme de quatre mille francs sur laquelle
il a déjà versé celle de trois mille cent francs,
ainsi reconnu par les dits MMrs EBERLÉ et
HÉRAUT quant aux neuf cents francs
Restants, ils seront versés par Mr DUPUY à
la première demande de ses coassociés.
            La dite somme de trois mille cent
francs produira, à partir de ce jour, et les neuf
cents francs, complément de l’apport de mr

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DUPUY, produiront à son profit dès le moment
où ils auront été versés, un intérêt de six
pour cent par an.
            dans le cas où Mr DUPUY
consentirait sur la demande de ses coassociés,
à verser d’autres fonds dans la société, ils
seraient portés au crédit de son compte et
ils lui produiraient également un intérêt
de six pour cent par an. Ces fonds ainsi
versés ne pourraient être retirés que six
mois après un avertissement.
            En outre, Mr DUPUY promet
d’aider de ses conseils et de son expérience les
dits M.Mr EBERLÉ et HÉRAUT auxquels il
porte le plus vif intérêt comme ayant été
leur patron pendant longtemps.
           
Article quatrième
            Les dits M.Mr EBERLÉ et HÉRAUT
auront seuls la signature sociale. ils ne
pourront en faire usage que pour les
affaires de la société.
           
Article cinquième
Les opérations de la société seront
constatées par des registres tenus dans les
formes prescrites par le code de commerce.


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Mr DUPUY, commanditaire, aura
le droit de prendre communication de ces
registres et de tous documents relatifs à la
société toutes les fois qu’il le jugera convenable.
Article sixième
Les charges de la société consistent
principalement dans : 1° le loyer des lieux où
s’exploite le dit fonds ; 2° les contributions et
frais de patente ; 3° les salaires des ouvriers.
            Article septième
            Chaque année, dans le courant
du mois de décembre, il sera dressé un
inventaire général de l’actif et du passif
de la société ; il en sera donné connaissance
a l’associé commanditaire.
            Article huitième
            Les bénéfices nets constatés par
l’inventaire seront répartis dans les proportions
suivantes :
            Vingt pour cent à Mr DUPUY ;
Quatre vingt pour cent pour M.Mr
EBERLÉ et HÉRAUT, à raison de moitié chacun.
            Article neuvième
            La société ne pourra être dissoute
avant le terme fixé pour sa durée ; néanmoins


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En cas de pertes importantes il devrait être procédé
à la liquidation.
            Article dixième
            En cas de décès de Mr DUPUY, la
Société ne serait pas dissoute et elle continuerait
Entre ses héritiers et les dits  M.Mr EBERLÉ
et HÉRAUT, toujours dans les mêmes conditions,
c’est-à-dire en nom collectif pour ces derniers
et en commandite seulement entre les
héritiers de Mr DUPUY, lesquels ne pourraient
requérir ni opposition de scellés ni inventaire
et devraient s’en rapporter au dernier
inventaire dressé en conformité de
l’article septième.
            Article onzième
            En cas de décès d’un des associés en
nom collectif, la société serait dissoute à
l’égard du prédécédé seulement. L’associé survi-
vant resterait seul propriétaire de tout l’actif
social, sauf les droits du commanditaire,
et devrait tenir compte en argent aux
héritiers du prédécédé de la part leur revenant
dans l’actif net, sans que les dits héritiers
eussent le droit de requérir ni opposition
de scellés ni inventaire, la liquidation de leurs


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droits devant se trouver réglé par l’inventaire
amiable qui devrait être alors dressé par les
soins de l’associé survivant qui serait seul
chargé de cette liquidation.
            L’associé survivant aurait un délai
de six mois sans intérêts à partir du jour du
décès de son associé pour se libérer, envers ses
héritiers, des sommes qui leur reviendraient
à la suite de la liquidation.
            Les valeurs douteuses et celles qui
seraient considérées comme étant d’un recouvrement
désespéré, seraient laissées en commun. l’associé
survivant en poursuivrait le recouvrement et
ferait compte aux héritiers du prédécédé de la
part leur revenant au fur et à mesure des recouvrements.
            Article douzième
            Toutes les difficultés et contestations
qui pourraient s’élever entre les associés pour
l’exécution des présentes, seront jugées par trois
arbitres amiablement choisis, lesquels
prononceraient en dernier ressort.
            Article treizième
            Le présent acte devra être publié
Conformément aux articles 55 et suivants


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de la loi du vingt quatre juillet mil huit
cent soixante-sept.
            Pour l’exécution des présentes, les
parties contractantes ont déclaré faire
élection de domicile à Toulon en leurs
demeures respectives sus indiquées.
            Dont acte requis et concédé, fait
et passé à Toulon, en l’étude et dans les
minutes de nous BREST.
            Et après lecture faite, toutes les parties
contractantes ont signé avec nous deux
notaires.
            Signé : DUPUY, Th. EBERÉ, HÉRAUT,
Roland et Félix BREST, ces deux derniers notaires/
            Enregistré à Toulon, le trente un août
1874, f° 41, r°Ce2. Reçu dix francs, décimes
deux francs cinquante centimes.
            Signé PAILHADE